Citations sur les réécritures

Voici quelques citations sur les réécritures (imitation, hommage, pastiche, plagiat...), n'hésitez pas à en proposer d'autres !

XVI°s :

Pelletier du Mans, Art poétique et français, (1555) : "Par seule imitation rien ne se fait grand" : critique du plagiat bien différent de la réécriture.

Montaigne, Essais, III, XIII (1588) : « Nous ne faisons que nous entregloser. »


 XVII°s :

Boileau, Art poétique (1674) :« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : / Polissez-le sans cesse et le repolissez ; /Ajoutez quelquefois, et souvent effacez »

La Fontaine , Epître à Huet (1687) : " Mon imitation n'est pas un esclavage :/Je ne prends que l’idée, et les tours et les lois, / Que nos maîtres suivaient eux-mêmes autrefois. ». "

La Bruyère, Caractères, « Des ouvrages de l'esprit »(1688): « Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes et qui pensent. Sur ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé ; l'on ne fait que glaner après les anciens et les habiles d'entre les modernes. »


 XVIII°s :

Voltaire, Lettres philosophiques, (1734) : « Il en est des livres comme du feu dans nos foyers : on va prendre ce feu chez son voisin, on l’allume chez soi, on le communique à d’autres et il appartient à tous. »


 XIX°s:

François René de Chateaubriand , Génie du christianisme (1802) : «L'écrivain original n'est pas celui qui n'imite personne, mais celui que personne ne peut imiter. »

V. Hugo,  préface de 1826 du recueil Odes et Ballades : « Admirons les grands maîtres, ne les imitons pas »

Victor Hugo, Tas de pierres (posthume, 1901) « N’imitez rien ni personne. Un lion qui copie un lion devient un singe. »

Xavier de Maistre : « Une bonne imitation est une nouvelle invention. »

Nerval dans la dédicace des Filles du Feu (1854) : « Inventer, c'est se ressouvenir »

Jules Renard, Journal (1887-1910) : « Plus on lit, moins on imite. » 


 XX°s :

Cocteau, Antigone (1922) « Parce que je survole un texte célèbre, chacun croit l’entendre pour la première fois.»

Jean Giraudoux, Siegfried, acte I scène 2 (1928) « Le plagiat est la base  de toutes les littératures, excepté de la première, qui d’ailleurs  est inconnue ».

Giraudoux, dans une interview avec Kleber Haedens (L'Insurgé, 12 mai 1937) a dit : « Electre, c'est pour moi, le mythe de la vérité. Dans une ville gorgée de plaisirs, abandonnée, tout entière aux joies fades, Electre est seule à souffrir . . . je crois qu'il est nécessaire de faire revenir de temps en temps les grandes figures ; je crois que de grandes héroïnes comme Electre et Jeanne d'Arc doivent revenir vers nous. Il faut épousseter de temps en temps les statues éternelles. »

Louis Aragon, préface du recueil Les Yeux d’Elsa (1942) « Tout le monde imite, tout le monde ne le dit pas »

Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve (posthume, 1954) « Dès que je lisais un auteur, je distinguais bien vite sous les paroles l’air de la chanson qui en chaque auteur est différent de ce qu’il est chez tous les autres ».

Julien Gracq, Pourquoi la littérature respire mal, Préférences (1961) « Tout livre pousse sur d'autres livres, et peut-être que le génie n'est pas autre chose qu'un apport de bactéries particulières, une chimie individuelle délicate, au moyen de laquelle un esprit neuf absorbe, transforme, et finalement restitue sous une forme inédite non pas le monde brut, mais plutôt l’énorme matière littéraire qui préexiste à lui »

Philippe Sollers, Théorie d'ensemble (1968) « Tout texte se situe à la jonction  de plusieurs textes, dont il est à la fois la relecture, l'accentuation, la condensation, le déplacement... »

Julia Kristeva, Semiotiké : Recherches pour une sémanalyse (1969) « Tout texte se construit comme une mosaïque de citations, tout texte est absorption et transformation d'un autre texte ».

Roland Barthes, article "Texte (théorie du)", Encyclopaedia universalis, (1973) : « tout texte est un intertexte; d'autres textes sont présents en lui, à des niveaux variables, sous des formes plus ou moins reconnaissables : les textes de la culture antérieure et ceux de la culture environnante ; tout texte est un tissu nouveau de citations révolues. […] L'intertexte est un champ général de formules anonymes, dont l'origine est rarement repérable, de citations inconscientes ou automatiques, données sans guillemets."

Jean Anouilh, préface de la pièce Œdipe ou le roi boiteux  (1978): "Et je me suis glissé dans la tragédie de Sophocle comme un voleur - mais un voleur amoureux de son butin"

Interview de Michel Tournier, in J.L de Rambures, Comment travaillent les écrivains, 1978 : "La part proprement inventée est minime dans mes romans. J'ai pillé [...] (je me suis) inspiré [...] j'ai été jusqu'à pasticher [...] comme une pie voleuse [...] pour l'entasser dans mon nid"

Gérard Genette : « Toute écriture est un palimpseste » 

Georges Braque, Le Jour et la nuit (1988) : « Il ne faut pas imiter ce qu’on veut créer »

J. Borel , postface au recueil de Guy Goffette Éloge pour une cuisine de province (1988) : "les œuvres ne naissent pas, jamais d'un contact avec le réel, mais de l'horizon de toutes les œuvres..."

Jean-Luc Hennig, Apologie du plagiat (1997) « Tout texte n’est jamais que l’empreinte d’un autre. »

Même source  (Ibid) :« Ainsi chaque mot qu’on écrit est, pour ainsi dire, entre guillemets. »

Antoine  Compagnon: « Ecrire, car c’est toujours réécrire, ne diffère pas de citer »

William Inge : « Qu'est-ce qu'une œuvre originale ? Un plagiat pas encore détecté. »


 

Commentaires (3)

1. Loréna 15/06/2016

J'en ai également une de Michel Tournier : "le propre du mythe est de déborder de son lit", ou quelque chose comme ça, qui suggère des réinterprétations de mythe au fil des siècles :)

2. E. (site web) 01/05/2015

la dernière citation est juste énoorme !

3. Jean-Pierre 05/01/2015

Mdr la derniere ma bien fait rire lol !!!

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